Voyage culturel en France avant Noël -- Visite des châteaux de la Loire
Des le mois de décembre, les grands et petits magasins de Paris commencent a decorer leurs vitrines pour accueillir les fêtes les plus importantes de l'année : Noël et le Nouvel An. C'est justement à l'approche de ce Noël 2011 que le Centre Préparatoire de l'Institut Franco-Chinois de Management du POLE ESG a organisé, le dimanche 11 décembre, un voyage culturel en France : la visite des châteaux de la Loire.
Au total, 57 étudiants ont participé a cette visite des châteaux, venant des classes PF, PF1A, PF1B et PF2, accompagnes de leurs amis. Quatre professeurs du Centre Préparatoire - Mme FRENAY, Mme YOUNG, M. QIU et M. JI - ont été invités a participer à cette activité.
Le programme de la journée était très charge. Partis de la place d'Italie a 8 heures du matin, nous sommes rentres a Paris vers 20 heures. Grâce à l'organisation scientifique de notre guide, Mlle SUN Nan, nous avons visite les châteaux de Chambord, Chenonceau et Amboise. Les commentaires vivants et passionnants de notre guide nous ont non seulement permis de comprendre l'histoire de la construction et le style architectural des châteaux de la Vallee de la Loire, ainsi que le caractere de leurs différents proprietaires, mais nous ont aussi fait revivre l'histoire de la France et de son développement, nous permettant de mieux apprecier l'excellente culture des cours d'eau, des jardins et du vin de France.
Le temps passe était le même pour tous, mais les bénéfices tires varient d'une personne a l'autre. Partageons ensemble le recit « Voyage aux Châteaux » de l'étudiante JIAO Fei de la classe PF1B, ainsi que les magnifiques photos prises par les représentants de chaque classe !
Voyage aux Châteaux
Le froid de la nuit n'était pas encore dissipe, sous un ciel encore parseme d'etoiles matinales, nous sommes partis de la place d'Italie. Loin de l'effervescence du rassemblement, assis dans le car, nous regardions silencieusement les paysages defiler par la fenêtre, revant a cette rencontre qui nous attendait. Notre journée de visite des châteaux commencait ainsi.
Après plus de deux heures de route, le car s'est arrete après avoir traverse un parc royal. En marchant sur le petit chemin, le ciel était encore pale comme l'aube, aussi mysterieux que l'histoire de ce château ; le vent froid soufflait violemment, semblant murmurer tant de melancolie derriere cette histoire. Avant même d'avoir le temps de reflechir davantage, un château majestueux est apparu soudainement devant nous, sans aucun prelude, avec toute sa splendeur, comme pour nous imposer son allure royale. C'est le Château de Chambord, le plus imposant de la Vallee de la Loire.
On dit que « Chambord possede vraiment l'allure d'un roi, non seulement par son echelle grandiose et son atmosphère noble, mais parce qu'il se distingue avec fierté de tout le reste ». C'est l'apogee de l'architecture de la Renaissance, commande en 1519 par Francois Ier, le pere de la Renaissance française, comme pavillon de chasse pour etaler sa richesse, puis achevé après d'importantes renovations sous Louis XIV. Ce qui m'a le plus attire, ce ne sont pas les cheminees feeriques du sommet du château, ni les innombrables decorations raffinee à l'intérieur, mais le double escalier helicoidal de la tour centrale. Selon la legende, Francois Ier aurait demande a Leonard de Vinci de le concevoir pour éviter les rencontres embarrassantes entre la reine et sa maitresse : deux personnes empruntant chacune un escalier peuvent se voir à travers les fenêtres interieures, mais ne se rencontreront jamais. Peut-être que derriere chaque magnificence se cache un entrelacement de passions et de haines, des impuissances que nul ne connait, ce qui me rappelle ce poème : « Au coeur des montagnes en desordre, l'eau serpente, dommage qu'une branche si belle fleurisse sans personne pour l'admirer. Pour toi je m'enivre sans regret, craignant seulement qu'au reveil mon coeur soit brise. »
Aujourd'hui, il n'a plus l'animation d'autrefois. Tous ne sont que des passants ephemeres, que ce soient ses anciens maîtres ou nous qui venons l'admirer aujourd'hui. Les traces de l'histoire sont loin, mais son allure royale demeure.
Peut-être est-ce justement parce que nous sortions d'un paysage grandiose que l'expression d'une grâce delicate nous a particulièrement touches. Pendant près d'une heure de route sinueuse, la guide nous a raconte son histoire, rendant notre attente encore plus mysterieuse, comme regarder des fleurs dans le brouillard ou la lune dans l'eau. C'était notre prochaine etape : le Château de Chenonceau.
Des l'allée bordee d'arbres a quelques centaines de metres, on peut apercevoir le château assis paisiblement au loin. Bien que le froid de décembre ait déjà teinte les feuilles de jaune, les faisant tomber doucement au gre du vent froid, rien n'obstrue le regard vers le château. Il se presente ainsi avec confiance, sans detours affectes ni arrogance hautaine, tel que l'ont fait ses différentes proprietaires au fil du temps, avec une elegance sereine sous le ciel bleu et les nuages blancs, parmi les arbres et les eaux, au son des oiseaux et des insectes, entre les toits d'ardoise et les murs blancs.
Les histoires de ce château sont innombrables, qu'il s'agisse de la première chatelaine, Catherine Briconnet, épouse de Thomas Bohier, tresorier de Charles VIII, qui y entreprit de grands travaux, ou de Madame Dupin, grand-mere de George Sand, qui fit tout pour sauver ce château pendant la Revolution française. Mais aucune n'est aussi captivante que celle de trois personnes.
La deuxième chambre sur la gauche en entrant dans le château est celle de Diane de Poitiers, l'amour de toute une vie d'Henri II. La decoration bleue témoigné du goût raffine de cette maitresse de maison. Sa beauté, emanant de l'intérieur, était comme un sortilege qui faisait disparaitre les vingt ans de différence d'age dans leur amour, laissant un roi, un homme, un compagnon aime complètement envoute, comblant tout le vide qu'il avait perdu, obtenant une consolation qu'il n'aurait jamais du avoir. Ainsi, même si cet amour était un poison, il l'aurait bu avec delice. Mais après la mort brutale d'Henri II, vint la vengeance furieuse de la reine Catherine, longtemps delaissee. En tant que simple monnaie d'échange d'un mariage politique, elle connaissait sans doute sa place dans ce mariage, mais peut-être refusait-elle de s'y resigner : elle qui avait élève trois rois et deux reines ne pouvait accepter cette fin, elle qui avait tout donne pour soutenir son mari sans recevoir la moindre tendresse, elle ne voulait pas du mepris de la posterite ni de ses pretendues ambitions politiques ; tout ce qu'elle voulait, c'était simplement un mari.
Les histoires de femmes se succedent dans ce château. En montant a l'étage, on decouvre une chambre qui a heberge deux filles et trois belles-filles de la reine, d'ou son nom de « chambre des cinq reines ». Le lit rose bonbon au centre de la chambre est doux et éclatant, luxueux et raffine, mais derriere ce rose pale se cache la tragedie de ces femmes aux destins différents mais tous bouleversants. Prenons par exemple la reine Margot, la plus jeune fille de Catherine : emprisonnee par son propre frere, ses négociations de divorce avec son mari ont dure sept ans... Peut-être est-ce ce destin tragique qui a suscite la compassion des gens. Elle est devenue la femme qui, dans « La Reine Margot » de Dumas, enveloppe dans sa robe blanche la tete de son amant tue par son frere, gardant un sourire aux levres pour dire qu'elle a connu l'amour et le bonheur ; elle est la femme d'une beauté divine, qui aide les lecteurs et aime lire les poèmes de Pouchkine dans « En gagnant mon pain » de Gorki. Le passe est devenu nuage de fumee, mais sa beauté teintee de douleur continue d'eclairer le monde sur ce qu'il faut comprendre et savoir.
Le cours de l'histoire est comme les eaux du Cher sur lesquelles repose le château, coulant sans cesse, ne laissant que les reflets scintillants sur l'eau et nos regrets. Sous la lumière qui s'assombrissait, nous sommes arrives a notre dernière etape : le Château d'Amboise et le Château du Clos Luce, ou un grand homme a laisse l'éclat de la sagesse humaine dans cette petite ville.
Leonard de Vinci, age de 64 ans, a accepte l'invitation de Francois Ier pour venir passer ses dernières années en France. Dans ses bagages se trouvait le célèbre tableau « La Joconde ». Le 2 mai 1519, Leonard de Vinci ecrivit « Nul être ne va au neant » au Clos Luce ou il residait, peu avant sa mort. Au sous-sol du château, on peut voir plus de 40 inventions realisees d'après les manuscrits de Leonard de Vinci, toutes temoignant des contributions d'un grand homme a la sagesse immense qui a oeuvre desinteressement pour l'humanité.
Tant de choses ressenties au cours de cette journée. Sur le chemin du retour, une pluie fine s'est mise à tomber. En regardant en arriere le long de la Loire, combien de palais se dessinaient dans la brume et la pluie, invitant a la reverie. Vont et viennent les eaux immenses du fleuve, fine et silencieuse arrive la pluie. Ce qui doit partir partira, ce qui doit rester restera. Inutile de se demander combien d'événements du monde nous n'avons pas compris, ni combien de passions anciennes nous n'avons pas comprises. Le passe est comme le vent, puisse-t-il passer sans laisser de trace. En jetant un coup d'oeil par megarde, l'animation de Paris était de retour, ce voyage dans le passe devait prendre fin brutalement. En regardant le trafic intense, je me suis dit : avance avec courage, peu importe ou mene le chemin. (PREPA POLE ESG - PF1 B JIAO Fei)