Hommage à Monsieur Hervé Béchade
Président du jury de soutenance de ma thèse — Professeur à la Sorbonne (1937–2021)

À gauche : couverture de la Grammaire française d'Hervé-D. Béchade (Presses Universitaires de France). À droite : dédicace de Monsieur Béchade sur la page de titre : « À Qiu Xiu Xian, avec mon amical souvenir. XII-1994 »
C’est avec une émotion sincère et une reconnaissance infinie que je rends aujourd’hui hommage à Monsieur Hervé Béchade, disparu le 3 octobre 2021. Il fut pour moi bien plus qu’un professeur : il a été une figure respectée, attentive et lumineuse de mon parcours universitaire à la Sorbonne.
J’ai d’abord accompli mon DEA en 1989-1990 à la Sorbonne, puis de 1994 à 1998, j’ai préparé ma thèse de doctorat en linguistique française sous la direction de Monsieur Robert Martin, sur un sujet intitulé : « Constructions verbales avec l’infinitif en français contemporain ».
J’ai suivi avec grand intérêt les séminaires que dirigeait Monsieur Béchade. Il m’a également envoyé personnellement ses propres ouvrages : Grammaire française en décembre 1994, puis Syntaxe française en janvier 1995 — des ouvrages qui ont éclairé et guidé toute ma recherche, à chaque étape de mon travail.
Homme de savoir et d’action, il a occupé de 1993 à 1996 le poste de Recteur d’Académie à Limoges, où il a contribué au rayonnement de l’enseignement supérieur. Auteur reconnu, il a publié de nombreux ouvrages de langue et de grammaire française qui ont fait autorité, et a reçu en 1998 un prix de l’Académie française pour l’ensemble de son œuvre — une distinction qui couronnait une carrière entièrement consacrée à la langue française.
Le 5 février 1998, jour de ma soutenance, Monsieur Hervé Béchade, alors Directeur de l’Institut de Langue Française, en a été le Président du Jury. C’est sous sa présidence que j’ai soutenu ma thèse et obtenu la mention Très Honorable, une distinction qui m’a comblée de joie et dont je le remercie profondément. Par sa présence, son regard juste et sa bienveillance, il a marqué ce moment solennel et décisif de ma vie.
À l’été 1998, il m’a invitée chez lui à dîner, en compagnie de deux camarades : l’une coréenne, l’autre thaïlandais. J’ai alors eu le plaisir de rencontrer Madame Françoise Béchade, dans une atmosphère chaleureuse et simple, où l’accueil dépassait largement les liens académiques.
Par la suite, chaque année, nous avons échangé nos cartes de vœux : pour Noël d’un côté, pour le Nouvel An chinois de l’autre — un lien doux et fidèle qui nous unissait au fil des saisons, et qui témoignait de notre amitié au-delà des frontières et des années. Nous sommes restés ainsi en contact régulier et amical, jusqu’à la crise sanitaire qui nous a empêchés de nous voir.
Je garde de lui une impression profonde et durable : celle d’un grand universitaire, érudit et rigoureux, mais aussi d’un homme au cœur noble, généreux et attentif aux autres. Il incarnait à lui seul l’excellence et la bienveillance.
Je lui dois beaucoup. Son souvenir restera gravé en moi, ainsi que dans tous ceux qui l’ont connu.
À vous, Monsieur Béchade, merci pour tout.
Votre disciple chinoise,
Xiuxian Qiu
Paris, le 3 octobre 2026